Danièle Desnoyers


 

« Mon corps est ma première maison. Un espace contaminé par là où je vis, là où je regarde, ce que j’entends puis ressens. La danse traverse puissamment mes sens. Elle est fuite et imagination. Elle est un état à la fois optimiste et dément. Elle agit telle une réponse au silence. Elle sème le désordre. Et je reconstruis à partir de ce désordre. Danser veut à la fois dire intérioriser et extérioriser le corps. Le propre de la danse : un mouvement à double sens. Tout part du corps et conduit au corps. »

 

  

Biographie


Figure majeure de la danse contemporaine québécoise, Danièle Desnoyers se distingue par l’art de mettre en scène le point de convergence entre danse, arts visuels et musique. Elle s’impose dès les années 1990 sur les scènes canadiennes et internationales avec des œuvres intimistes et mystérieuses comme Du souffle de sa tourmente, j’ai vu puis, avec d’étonnants dispositifs scéniques dont l’environnement sonore influe sur le langage des corps.

Sa signature chorégraphique s’affirme en 1997 avec Discordantia qui amorce un long cycle de création marqué par une relation privilégiée avec l’art du son et de la dissonance. La trilogie constituée de Concerto grosso pour corps et surface métallique, de Bataille et de Duos pour corps et instruments en est un des temps forts. Elle poursuit avec Vingt jours, 20 nuits et Les 10 cahiers, deux pièces pour grand ensemble et en 2008 collabore pour la première fois avec une artiste en arts médiatiques dans Là où je vis.

En 2010, elle renoue avec ses premières amours et redonne la prépondérance au mouvement dans Dévorer le ciel. Ce nouveau cycle se poursuit avec Sous la peau, la nuit, une œuvre pour six danseurs dont la première a lieu au Festival TransAmériques à Montréal en juin 2012.

Pour célébrer 25 ans de création au sein de sa compagnie, Danièle Desnoyers (re) crée Duos pour corps et instruments en janvier 2014, une œuvre charnière dans son parcours, avec une nouvelle distribution d’interprètes emblématiques de leur génération. La même année et grâce à la collaboration de nombreux coproducteurs, Paradoxe Mélodie, une œuvre pour 10 danseurs et une harpiste, est présentée en Première au Festival Danse Canada. Ces deux créations mettent en perspective son intérêt marqué pour les partitions sonores et musicales dans son œuvre.

Depuis 1989, Danièle Desnoyers a signé une quinzaine de créations pour sa compagnie, Le Carré des Lombes, située à Montréal. Son travail a reçu le soutien de plusieurs partenaires dont l’Agora de la danse à Montréal, La saison de danse contemporaine Danse Danse, le Centre national des Arts du Canada, le Festival TransAmériques, le Musée d’art contemporain de Montréal, les Rencontres chorégraphiques internationales de Seine-Saint-Denis, le Baryshnikov Arts Center de New York, le Centre d’art Vooruit à Gand, le Cultuurcentrum de Bruges, TanzWerkstratt de Berlin, le Théâtre National de Chaillot de Paris et le réseau des diffuseurs pancanadiens CanDance.

Depuis 2012, Danièle Desnoyers est professeure en pratiques artistiques au Département de danse de l’Université du Québec à Montréal (UQÀM). Elle contribue à la formation des nouvelles générations de créateurs et voit son répertoire enseigné dans les plus grandes institutions canadiennes de formation professionnelle en danse.

Photo © Monic Richard